Transmission de Didier

lundi 9 juillet 2007
par  RDEVolution
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Tout d’abord, MERCI. BRAVO et MERCI !
Depuis que je suis informé de "La Marche du Vivant", j’ai participé avec
Claude à la réflexion sur les affiches et flyers (que de nuits créatives et
motivantes + quelques litres de café !) et j’étais avec lui à Toulon pour
vous rencontrer pendant le cercle de parole que vous faisiez lors du passage
d’Amma. Et je dois dire que, d’une façon très "surprenante", avant même de
vous voir à Toulon, l’ensemble du projet m’a réellement enthousiasmé par son
caractère spontané, délibérément joyeux et festif (cette forme d’innocence
téméraire et pacifique), émanent d’une conscience jeune, sage et impliquée
dans "comment faire pour protéger la vie" dans cette période de
transformation que nous constatons tous et qui semble nous demander de
réunir toutes les sagesses des différentes cultures (et les bonnes volontés
individuelles) pour nous permettre de réfléchir ensemble sur l’adaptation
aux nouvelles donnes des conditions de vie, entre un cycle qui décline et un
autre qui se met en place, nous demandant inéluctablement de changer nos
comportements, bref, ce qui nous mobilise tous.

Et "La Marche" semble donner à bon nombre de personnes un moyen alternatif
au discours ambiant, à pouvoir se positionner dans une démarche
responsabilisante et très positive, un premier pas peut-être pour beaucoup à
se sentir utile à quelque chose en y participant.
Plus qu’un simple enthousiasme, c’est plutôt comme un appel que j’ai
ressenti. Comme du fond des âges (mais je ne vais pas en faire des tonnes
sur le spirit). Un appel à se mettre enfin en action dans un mouvement qui a
du sens, qui correspond à un ensemble d’informations collectées depuis 20 à
30 ans (toute une génération !) sur le développement naturel d’une réalité
plus vaste que celle, très partielle, qu’il nous est donné de vivre et où
toutes les informations ne semblent pas pouvoir nous parvenir (dans des
systèmes de sociétés que cela arrange bien et qui continuent à tourner "à
l’aveugle").
Une chose est sûre : si nous allons droit dans le mur, d’une façon ou d’une
autre, il va falloir le traverser pour voir ce qu’il y a de l’autre côté. Et
nous ne pourrons probablement pas empêcher certains de se cogner mille fois
la tête dessus alors que des portes de plus en plus évidentes existent pour
"passer" de l’autre côté sans se faire mal. Mille infinités de chances sont
données à chacun et au grand "collectif" humain pour changer son regard et
ses moyens d’action. La vie suit son cours dans tous les cas et la nature de
l’humain est encore et toujours de se mettre debout et de grandir. Et sa
liberté de se mettre en marche pour améliorer sa condition est souveraine.

Il est certain que la mise en place, ("apparemment" simple et ô combien
efficace) du projet, nous met chacun en face de sa réalisation et que,
l’échéance approchant, le "saut dans l’inconnu" suscite des fluctuations et
des mises à l’épreuve de notre détermination. Et j’imagine qu’à la Maison du
Pont, il y a des moments où le sentiment d’être "dépassés" par l’ampleur que
peut prendre le mouvement doit faire partie de l’air que vous respirez, avec
son lot de "chaud au coeur" et d’espoir, et son cortège de peurs et de
préoccupations des préparatifs...
Claude m’a informé pour la visite des RG que vous avez eue et des
difficultés d’organisation avec les mairies, de l’itinéraire face au
"légal", de la liberté d’une manifestation d’une telle ampleur qui peut
"troubler l’ordre public", de la protection des marcheurs pouvant être
assurée par la gendarmerie (n’assure-t-elle pas, avec les militaires la
sécurité sanitaire des raves-parties ?) , etc. Comme également du caractère
peut-être "non adéquats" de certains messages du forum ou d’infiltrations
semble-t-il indélicates...
Il semble que nous ne puissions éviter certaines "curiosités", flicages ou
autres tentatives d’intimidation.
Et la seule parade possible peut rester la joie de la fête d’une troupe
"géante" (ou qui le devient) et positive dans un mouvement dynamique et
porteur de sens en proposant sur son passage spectacles, musique, cercles de
réflexion et de parole et autres "bonnes choses" bien vivantes...

Vous êtes au centre du cercle et la convergence de toutes les énergies vous
arrive plein pot. Et la vertu du centre est de demeurer immobile (ferme dans
sa détermination) et "vacant" (vacuité) pendant que le mouvement tourne.
Que peut-il réellement nous (vous) arriver ? Avez-vous des enjeux persos qui
soit une "prise" possible par l’une des nombreuses tentacules de notre
société ? Que sommes nous véritablement prêt à "lâcher", chacun, de nos
habitudes persos plus ou moins confortables, plus ou moins addictives de
notre bain social jusque là coutumier ? Qu’avons-nous à perdre ? Qu’avons-nous
à conserver et transmettre ? Combien sommes-nous ? Qu’avons-nous à dire
vraiment si ce n’est cette évidence simple que la vie trouve toujours ses
processus de mutation (dans lesquels nous sommes inclus) et que nous sommes
absolument tous concernés par sa protection face aux conditions qui
changent ? Y-a-t-il des "ennemis" ? Qui sont-ils ? Et nous, qui sommes-nous ?
Comment arrêter un groupe de gens qui se met à marcher ? Et s’il en arrive de
tous les coins du monde ? Et si le message passe, qu’allons-nous en faire
(collectivement) après ? Est-ce que les freins (de toutes sortes) sont plus
puissants que l’élan inspiré d’un mouvement qui semble naître de nulle part
(et de toutes parts) ?
Beaucoup de questions qui ont du tourner mille fois dans les esprits tant
l’émergence spontanée crée la surprise d’un événement qui a semble-t-il tous
les ingrédients pour devenir un avènement. Dans tous les cas, l’expérience
que cela fait faire (déjà) à chacun semble aller dans le sens des vents qui
nous poussent à plus de respect et d’amour de la terre et à reconnaître les
couleurs complémentaires de nos différences.
Bref, faut pas lâcher, pas lâcher, pas lâcher... (à mon humble avis)

Il me semble que la seule véritable garantie de sécurité viendra de l’écho
"populaire" que "La Marche" peut susciter dans sa traversée des villes, des
villages, des campagnes, parce qu’elle est ressentie comme juste, sensée,
crédible par le témoignage de ses comportements pacifiques et dignes (oui,
et joyeux aussi !) ; mais elle doit aussi rester suffisamment fluctuante pour
se disperser quitte à se reformer plus loin, rester libre d’accès (pour y
venir ou pour en partir), entièrement ouverte à tous et toutes, englobant
(c’est la vertu du vide) tous les courants de pensée dans ce qu’il y a de
plus universel à partager, sans craindre les attitudes par trop fermées sur
elles-mêmes ou unilatérales.
Tout le règne du vivant, des étoiles à l’atome est traversé en permanence de
courants d’énergie qui depuis des centaines de millénaires assurent la
continuité du vivant sous des formes très variées, l’harmonie des constantes
qui rendent la vie possible est à peine troublée par nos 200 dernières
années de folie industrielle et prédatrice de l’environnement. Ce qui se
passe aujourd’hui n’est assurément pas une catastrophe planétaire mais un
mouvement dynamique (certes musclé) et joyeux pour ajuster et maintenir ces
constantes immémoriales. Avec, pour corser le tout un constant brassage en
perpétuel mouvement qui opère toutes les transformations cellulaires et
biologiques afin d’accroître le passage de l’information, de la lumière
ainsi que l’adaptation de nos sens à des perceptions élargies...

Il me semble avoir compris que le but n’est pas de partir en guerre "contre"
quoi ou qui que ce soit mais bien d’avancer "pour" et vers ce qui est sain
et naturel, de savoir pourquoi dire "oui" ou "non" à telle ou telle
proposition de conditions de vie et de témoigner librement que d’autres
espaces du possible existent et que, de toutes façons, ils se mettent en
place ici et là, un peu partout sur la planète, par pure nécessité.

En tout cas, l’espace ouvert au dialogue où je me joins par ce courrier, la
motivation et l’inspiration qui m’ont fait passer ces 7 dernières heures à
vous écrire ce qui me vient du coeur est déjà un cadeau en soi. Merci pour
cela.
J’espère que du centre du cercle vous en recevez toute l’énergie positive
d’encouragement et de participation. Nous sommes en train de finir de
plancher sur la déco de la "Voiture du Vivant" qui sera fin prête toute
belle pour apporter ses couleurs et son utilité à la fête sage...

Dans l’amitié bien vivante de cette belle cause, pensées chaleureuses et
bienveillantes.

Dj
Didier

P.S. : Merci aussi attention et patience à me lire dans impro qui me
surprend moi-même, là où c’est une véritable inspiration.